Hommage
Papa,
Tu es né au Cap Fréhel, en Bretagne, il y a eu 91 ans le mois dernier. Comment un petit breton est-il venu finir ses jours dans les Ardennes ?
C'est une histoire que tu ne nous a jamais vraiment racontée. Il faut dire que ta vie n'a pas toujours été un long fleuve tranquille. Nous l'avons appris par petit bouts et depuis peu. Ton enfance n'a pas été facile. En partant de Bretagne, avec ta maman et ton frère, Robert, vous êtes arrivés dans l'Yonne... et tu y a trouvé deux sœurs, Simone et Paulette. Ensemble, vous vous êtes épaulés pour passer les mauvais moments de la vie.
Puis la guerre est arrivée. Maman était parmi les réfugiés belges... On peut deviner la suite ! 67 ans de mariage. Beaucoup de moment heureux, même si la vie n'était pas toujours facile, même si, quand tu travaillais comme ouvrier agricole, les sacs de scories que tu déchargeais te cassaient le dos, même si, quand tu travaillais à l'usine, au décapage, les vapeurs d'acide te mangeaient les poumons. Nous gardons de toi et de maman, l'image d'un couple heureux. Jamais nous ne vous avons entendu élever la voix, sauf quand nous faisions des bêtises. Tes enfants, tes petits enfants, tes arrières petits enfants ont eu le temps de t'apprécier pendant ta longue retraite. Malheureusement, il y a quelques années, la maladie t'a frappé. Une maladie sournoise qui s'attaque à la mémoire. Le 6 mai à 20 h 08, tu es parti ailleurs...
J'espère que tu n'a pas souffert. En tout cas, le personnel de la maison de retraite de Carignan, les infirmières, les médecins ont fait tout ce qui étaient en leur pouvoir pour que tu partes dans les meilleurs conditions. Nous les en remercions du plus profond du cœur. Il me reste un regret, c'est de n'avoir pas pris le temps de parler avec toi de ta vie.
Au revoir papa.
Avec Micheline et Marie-Anne, nous ne t'oublierons jamais.
Et soit tranquille, nous prendrons soin de maman.
Jean Paul Steunou- 09-05-12